L’Élysée a décidé de fermer sa salle de presse, écartant les journalistes de l’exercice du pouvoir.

Donald Trump avait imaginé la même manœuvre à la Maison-Blanche, avant d’y renoncer, souligne le Washington Post.

«Tout le monde scrute les rapports entre le président Trump et les médias, ces jours-ci», avance le Washington Post ce 25 octobre.

Alors qu’une série de colis piégés a été envoyée aux ennemis présumés du chef de l’État américain – Hillary Clinton, Barack Obama, CNN, etc. – Donald Trump a continué d’attaquer les médias américains et leurs «fake news».

«Mais le sort des journalistes n’est pas toujours enviable non plus ailleurs dans le monde», relate le Washington Post en évoquant l’Europe, où trois journalistes ont été tués en un an alors qu’ils enquêtaient sur des affaires de corruption.

«Il devient également de plus en plus difficile de faire ce travail, y compris dans des pays où la liberté de la presse est garantie et où les journalistes ne sont pas physiquement menacés, raconte le quotidien américain.

Il suffit de regarder la France d’Emmanuel Macron, où la règle implicite est de faire relire et approuver la moindre citation par son auteur, et où les journalistes sont de plus en plus écartés du pouvoir.»

Pour la presse, une décision «incompréhensible et inacceptable»

Mercredi 23 octobre, l’Élysée a annoncé la fermeture de sa salle de presse, qui permettait aux journalistes suivant le président d’observer directement le perron de l’Élysée et d’être au plus près du pouvoir exécutif.

Les médias seront déménagés en dehors du palais présidentiel avant la fin de l’année. L’Association de la presse présidentielle a dénoncé «une décision unilatérale incompréhensible et inacceptable» dans un communiqué.

Le Washington Post rappelle que Donald Trump aussi, au début de sa présidence, avait eu l’idée de déménager le «pool» de journalistes hors de la Maison-Blanche :

« Face à l’indignation suscitée, Trump avait fait machine arrière. Macron, non. »

De manière plus large, le quotidien américain explique que le président français «a accusé les médias français d’être responsables de sa chute de popularité», notamment en raison de l’affaire Benalla.

À cette période, retrace le Washington Post, «Macron avait finalement assumé sa responsabilité dans le scandale, mais seulement après avoir attaqué les médias, recyclant même la rhétorique de Trump sur les ‘fake news’ et le manque de légitimité des journalistes».

Source : Washington Post


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