Trop souvent encore, même si elle s’est un peu libérée depuis l’affaire Weinstein, la parole des victimes de harcèlement ou de violences conjugales n’est pas entendue. Porter plainte devient alors l’épreuve de trop. Tiphanie s’est ainsi rendue au commissariat à dix reprises, sans jamais être écoutée. Elle témoigne dans un extrait d’ »Envoyé spécial ».

Depuis l’affaire Weinstein et #balancetonporc, leur parole s’est partiellement libérée : les plaintes de femmes victimes de violences conjugales, de harcèlement, de viol, ont augmenté de 20% en un an.

Mais les commissariats disposent rarement de brigades spécialisées pour recueillir des témoignages si intimes : en France, il n’en existe que 278 sur tout le territoire. Trop souvent encore, la parole de la victime n’est pas entendue. Porter plainte devient alors l’épreuve de trop.

L’histoire de Tiphanie, 33 ans, en témoigne dans un reportage d’ »Envoyé spécial » à voir le 15 novembre 2018. Battue, séquestrée, violée par son compagnon, elle a vécu l’enfer pendant un an, sans jamais être écoutée.

« J’ai pris conscience comme une enfant qui ouvre les yeux après un cauchemar. (…) Ce que je vis n’est pas normal », écrivait-elle dans son journal. Les faits remontent à 2014.

Au commissariat, on la décourage, on la culpabilise
Un jour, raconte-t-elle, le médecin qu’elle consulte après un étranglement la pousse à porter plainte. Mais au commissariat, on lui réclame des preuves… et on lui conseille de déposer une simple main courante contre X.

Avant que sa plainte ne soit finalement enregistrée, Tiphanie se rendra au commissariat à dix reprises. A chaque fois, on la décourage, on la culpabilise.

« Une fois, raconte-elle, la dame qui m’a reçue m’a dit qu’il ne fallait pas que je porte plainte par jalousie, parce que c’était un ex et qu’il s’était remis avec son épouse. »

Les conditions dans lesquelles les plaignantes sont entendues ne facilitent pas toujours les choses : « Je ne leur faisais pas confiance, explique Tiphanie, parce qu’il y avait quinze personnes des fois derrière moi qui écoutaient, il n’y a aucune confidentialité, et j’avais honte (…) ».

En février 2018, son bourreau est condamné à dix-huit ans de réclusion criminelle. Au procès, l’avocat général s’est excusé auprès de la victime, au nom de l’institution.

Extrait de « Le bureau des plaintes », un reportage à voir dans « Envoyé spécial » le 15 novembre 2018.

 

Source: France info


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