La hausse du prix des carburants mobilise les Français et pousse l’exécutif à monter au créneau. Ce mercredi 14 novembre sur RTL, le premier ministre a annoncé une série de mesures censées « accompagner » cette hausse, avant une intervention du président de la République dans la soirée. À quelques jours d’un mouvement de grogne étalé dans toute la France, le gouvernement tente de déminer le terrain.


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À l’origine de ce point de tension, la hausse annoncée l’an prochain de 6,5 centimes par litre des taxes sur le gazole et de 2,9 centimes par litre de celles sur l’essence. Mais au-delà des carburants, c’est sur la question de la réduction de leur pouvoir d’achat que les manifestants souhaitent se faire entendre.

Le premier ministre ne s’est d’ailleurs pas adressé qu’aux conducteurs ce mercredi, puisqu’il a aussi annoncé la fin d’ici dix ans du chauffage au fioul et la mise en place d’une prime à la conversion, pour supprimer progressivement l’utilisation domestique de ce carburant.

Essence, diesel, fioul… ces différents termes occupent l’actualité depuis des jours et ne sont pas près d’en disparaître, au vu de la mobilisation importante qui s’annonce samedi. Mais à quoi correspondent-ils exactement? Le HuffPost fait le point.

Essence, gazole et diesel

Le gazole, également appelé gazoil ou diesel, est le carburant le plus vendu en France. Comme l’essence, il est issu de la distillation du pétrole brut. Mais il n’a pas la même composition chimique, et n’alimente pas les mêmes moteurs.

Schématiquement, l’essence est composée d’hydrocarbures légers, quand le gazole est composé d’hydrocarbures plus lourds (les molécules sont moins « coupées » par distillation). Le gazole est par ailleurs traité pour réduire sa teneur en soufre.

L’essence alimente des voitures à moteurs « atmosphériques », dont l’allumage est généré par une étincelle électrique, une bougie, comme l’explique la fondation Connaissance des énergies. Dans le moteur, c’est l’inflammation de l’essence et de l’air au contact de cette étincelle qui crée les gaz et donc l’énergie.

Le gazole, lui, alimente un moteur dit diesel, d’où ce deuxième nom utilisé dans le langage courant. Ce moteur n’utilise pas d’étincelle mais la compression de l’air à très haute pression. C’est elle qui crée la chaleur, au contact de laquelle les gouttes de gazole s’enflamment instantanément.

Il existe trois types d’essences automobiles en France: le sans plomb 95 (SP95), le sans plomb 98 (SP98) et le sans plomb 95-E10 (SP95-E10). La différence entre le SP95 et le SP98 réside dans ce que l’on appelle l’indice d’octane, c’est-à-dire le taux de résistance du carburant à l’auto-allumage de la bougie (qui dépend lui-même de la composition). Plus ce taux est élevé, plus le moteur est protégé. Le SP98, présentant un indice d’octane de 98, supérieur au SP95, s’enflamme à une pression et une température supérieure au SP95. C’est la nécessité de traiter le SP98 pour augmenter son taux d’octane qui explique qu’il soit plus cher que le SP95.

L’E10, lui, mis en circulation en 2009, est un carburant plus vert, qui devrait progressivement remplacer le SP95. Il contient jusqu’à 10% d’éthanol agricole (contre 5% pour le SP95), un biocarburant produit à partir de la fermentation du sucre de végétaux comme la betterave ou de l’amidon des céréales.

Tous les véhicules ne sont pas nécessairement compatibles avec toutes les sortes de carburants, et il convient de suivre les recommandations du constructeur. Un carburant non adapté peut endommager le moteur.

Le fioul domestique

Le fioul est un très proche cousin du gazole, dont il se différencie par une composition légèrement distincte (moins de cétane). Ce qui les sépare, c’est surtout leur fiscalité, comme l’explique Additif carburant. Le fioul domestique, majoritairement utilisé pour le chauffage, est moins taxé que le gazole. Pour 1,48€ en moyenne le litre de gazole, le fioul domestique est à 0,96€ le litre.

Alors pourrait-on rouler au fioul domestique pour faire des économies? Cela n’endommagerait en rien le moteur de votre voiture… mais c’est tout simplement interdit. Puisque sa fiscalité est allégée par rapport au gazole, l’État considère que rouler au fioul équivaut à une fraude fiscale, comme l’explique L’Express. Le conducteur risque jusqu’à trois ans de prison, la confiscation de son véhicule et une amende équivalente à une à trois fois la valeur estimée de la fraude.

Peut-on vraiment être pris la main dans le sac en « roulant au rouge »? Oui, car un colorant est incorporé dans le fioul domestique justement pour empêcher son utilisation dans les véhicules. Le fioul domestique est rouge, laissant des traces sur le pot d’échappement et produisant une fumée différente, alors que le diesel est jaunâtre.

Le kérosène

Plus proche du gazole que de l’essence dans sa composition, le kérosène est le carburant utilisé dans l’aviation. Également issu du pétrole brut, il possède le PCI (pouvoir calorifique inférieur) le plus élevé, selon Additif carburant, c’est-à-dire qu’il est le plus calorifique. Il permet donc une autonomie plus importante que les autres. Il est aussi privilégié par l’aviation car il ne gèle qu’à partir de -47°C.

Le GPLc

Le GPLc correspond à l’utilisation comme carburant (« c ») de gaz de pétrole liquéfiés (« GPL »). Ils sont issus à 40% de pétrole brut et à 60% du traitement du gaz naturel.

Selon Connaissance des énergies, le GPLc peut servir de carburant à des véhicules, des bateaux de plaisance ou des montgolfières. Il présente l’avantage de limiter les émissions de CO2 de 16% par rapport à l’essence et de 11% par rapport au diesel, et de ne produire quasiment pas de particules fines. Il est aussi beaucoup moins cher que les autres carburants du marché, à environ 0,70 centimes d’euro le litre.

Mais son utilisation reste très marginale en France. Le GPLc constitue moins de 0,5% de la consommation totale de carburants en France, selon Connaissance des énergies. En 2016, La Tribune comptait 262.000 voitures équipées de moteurs GPL, alors qu’elles étaient 14 millions dans toute l’Europe. « Le GPL a eu sa chance, mais aujourd’hui, on a changé de paradigme avec l’avènement de l’électrique », estimait alors Guillaume Crunelle, analyste automobile au cabinet Deloitte.

Source : Huffingtonpost


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