La limitation de la vitesse à 80 km/h sur les routes à double sens sans séparateur central est entrée en vigueur le 1er juillet 2018. Mais a-t-elle des conséquences mécaniques sur les moteurs ?

Depuis 1973 et jusqu’au 1er juillet de cette année, les conducteurs pouvaient rouler à 90 km/h sur les routes concernées par la nouvelle loi d’Édouard Philippe. Durant près d’un demi-siècle, les constructeurs automobiles ont adapté leurs moteurs en fonction des différentes limitations, afin que le passage des vitesses soit le plus approprié et instinctif.

Un encrassement dû au sous régime

« Maintenant, ce n’est ne pas si évident, affirme Cédric Couriol, garagiste à Saint-Julien-Chapteuil. Le point des 80 km/h, que l’on soit en boîte 5 ou 6 vitesses, est le moment où on change de rapport. Le conducteur n’a pas d’autres choix que d’être en sous-régime ou, au contraire, en surrégime. »

L’autre objectif du gouvernement avec l’abaissement de la vitesse sur les routes à double sens sans séparateur central, en plus de sauver des vies, est la diminution des particules rejetées par les 39 millions de véhicules légers qui circulent dans l’Hexagone. En théorie, plus le moteur est en sous-régime, moins il rejette de particule. Ceci au détriment de sa longévité. « Il faut le comparer à une poêle à bois, image Cédric Couriol.

Si vous ne poussez pas assez la température, le corps et le conduit s’encrasseront lentement. Le sous-régime ne permet pas une bonne régénération des gaz d’échappement. Les particules se colleront aux parois des vannes EGR (Exhaust gaz recirculation, NDRL) et impacteront profondément les filtres à particules. »

« Le surrégime évite ce problème de saturation mais augmente la consommation de carburant, ainsi que la pollution produite par ce mode de conduite. En roulant moins vite, les véhicules chauffent davantage et le liquide de refroidissement s’évapore plus rapidement », apprend le garagiste.

Préférez une petite cylindrée

Alors, que faire ? « Utiliser une voiture adaptée à son style de route. Quelqu’un qui emprunte beaucoup l’autoroute n’est pas vraiment inquiété par ces problèmes qui deviendront bientôt récurrents. Ceux qui ne roulent pas trop, ou majoritairement sur les routes à 80 km/h et en dessous, doivent opter pour une petite cylindrée avec peu de puissance. » Ou penser à la voiture électrique qui, en plus de gagner en autonomie du fait d’une vitesse abaissée, n’est pas absolument pas touchée par ce phénomène.

Source : Le Progrès


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