Interpellé dans l’hémicycle par le député centriste Jean-Christophe Lagarde, le Premier ministre a défendu la fiscalité sur le carburant et martelé que ses recettes étaient bien dédiées à la Transition énergétique.

A quelques jours d’une journée de mobilisation des automobilistes contre la hausse du prix des carburants, le député UDI Jean-Christophe Lagarde est monté au créneau face au Premier ministre à l’Assemblée ce mardi.

Le centriste a dénoncé le fait que sur « 7,2 milliards de recettes supplémentaires liées aux taxes sur le carburant, 1,2 milliard seulement est consacré à la transition énergétique. Rien qu’en 2019, c’est 3,9 milliards d’augmentation prévue, 260 millions seulement dédiés à la transition énergétique », a-t-il ajouté.

Or « pour que ces taxes soient légitimes, il ne faut pas qu’elles piègent les Français, mais qu’elles les accompagnent. Comment allez-vous leur rendre l’argent pour leur permettre de rouler plus propre et se chauffer plus propre ? » a-t-il conclu sa question au gouvernement.

Face à la mise en cause d’un parti pourtant globalement sur la même ligne que la majorité, le Premier ministre a rappelé que « la taxe sur les carburants existe depuis 1928, elle a toujours contribué à l’intégralité du budget de l’Etat ».

En outre, « la fiscalité sur le carburant ne sert pas qu’à financer l’Etat, elle vient financer à hauteur de 12 milliards d’euros les collectivités territoriales et les régions », qui s’en servent notamment pour « accompagner nos concitoyens sur la voie de cette transition écologique », a souligné Edouard Philippe.

« La fiscalité doit plus peser sur la pollution que sur le travail »

« Nous assumons le fait qu’une taxe carbone est venue s’ajouter à cette TICPE pour un montant de 7,5 à 7,8 milliards d’euros. Ce montant sert pour une large part à permettre une substitution de la fiscalité qui pesait jusqu’à présent sur le travail et à la faire basculer vers la pollution, la transformation climatique, le dérèglement climatique.

Nous considérons qu’il est certes peu populaire, mais néanmoins parfaitement justifié, de dire que demain la fiscalité doit plus peser sur la pollution que sur le travail », a encore martelé le chef du gouvernement.

Il a par ailleurs assuré que « le montant supplémentaire acquis par cette trajectoire carbone sert à financer des mesures qui accompagnent les Français dans cette transition ». Et de lister « le mécanisme de la prime à la conversion, le mécanisme du chèque énergie, et toute une série d’autres ».

« La majorité entend les remarques, l’émotion, parfois la colère formulée par les Français. Mais passer d’un système tel qu’il a été conçu à un nouveau système engendre toujours des difficultés.

Mais nous avons la conviction que ne rien faire contre les émissions de Co2, que ne pas s’engager fermement pour accompagner les Français, et pour lutter contre les véhicules qui provoquent et accélèrent la transition climatique, ne serait pas à la hauteur des enjeux », a-t-il conclu.

 

Source : BFM


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