Le mouvement des «gilets jaunes» espère faire tache d’huile…

  • Les « gilets jaunes » poursuivent leur mobilisation entamée samedi.
  • Plusieurs appellent d’autres professions, comme les infirmières, à rejoindre le mouvement.
  • Mais les leaders syndicaux restent plutôt prudents à l’évocation d’une possible convergence des luttes.

Les blouses blanches vont-elles se mélanger aux gilets jaunes ? Alors que le mouvement de blocage des routes commencé samedi se poursuit un peu partout en France, certains espèrent que les infirmières viendront grossir les rangs. La profession se mobilise en effet ce mardi contre le plan Santé du gouvernement et le « mépris » affiché par l’exécutif.

« Ce ras-le-bol général peut faire converger les différents mouvements. Les routiers se joignent déjà à nous » affirme Jean-Claude Resnier, porte-parole de l’union syndicale des VTC et « gilet jaune » revendiqué. Eric Drouet, chauffeur routier de Seine-et-Marne, a en effet lancé une page Facebook pour appeler aux blocages des routes.

Pas de vraie convergence pour l’instant

De là à y voir une convergence des luttes, il y a un écart. L’organisation des transporteurs routiers européens (Otre) a en effet expliqué lundi matin que les « transporteurs [n’étaient] pas engagés dans le mouvement des « gilets jaunes » ».

« Depuis ce matin, des poids lourds sont bloqués, contre leur gré, en divers points du territoire. Si certaines initiatives peuvent voir le jour, elles sont l’œuvre de conducteurs isolés utilisant les véhicules contre la volonté des chefs d’entreprise », a indiqué l’Otre dans un communiqué.

Et même lorsque les poids lourds manifestent, cela ne dure pas très longtemps. « On s’arrête un quart d’heure avec les « gilets jaunes », on discute un peu, on bloque à notre manière, mais après, on repart, on n’a pas le choix », explique par exemple François, chauffeur routier interrogé ce mardi par France 3 Auvergne.

Un « divorce »

Du côté des infirmiers, le mouvement des « gilets jaunes » est regardé avec circonspection. « Nous sommes organisés en syndicats alors que les « gilets jaunes » refusent les corps intermédiaires », rappelle Thierry Amouroux, porte-parole du syndicat national des personnels infirmiers (SNPI).

Pour lui, « les mouvements organisés, structurés, sont plus efficaces sur le long terme ». « Prenez « Nuit Debout » : la population s’est mobilisée pendant quelques semaines, sans que ça débouche sur quelque chose. Pour les « gilets jaunes », c’est pareil, l’État compte sur l’épuisement du mouvement », illustre-t-il.

Néanmoins, le porte-parole du SNPI voit quelques points de ressemblance entre les différentes mobilisations. « C’est un mouvement de fond qui conteste le désengagement de l’État des territoires.

Pour nous cela se traduit par la fermeture de services d’urgence, de maternités, de petits hôpitaux. Comme les gilets jaunes, on voit bien qu’il y a un divorce entre la France qui vit difficilement et l’élite ».

« Je trouve que dans leur ensemble, les syndicats sont frigides, lance de son côté Jean-Claude Resnier, le chauffeur de VTC « gilet jaune ». Ils doivent défendre les salariés et le peuple, mais leurs dirigeants sont tranquillement installés dans leur tour d’ivoire. » Pour fonctionner, la convergence des luttes va demander encore quelques réglages…

 

Source: 20 Minutes

 


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