Pour la presse étrangère, le mouvement des « gilets jaunes » va bien au-delà de la hausse du carburant et de la « prétendue insensibilité écologique » des Français…

Que pense nos voisins des contestations et revendications de nos chers gilets jaunes français qui trust les unes des nos informations ? « Erreurs », « symptôme d’une rupture », « folklore »… Les critiques fusent pour notre président.

Pour le journal allemand conservateur Die Welt, « Les Français ont l’impression d’être pris pour des imbéciles. A juste titre », mais aussi que « le gouvernement a commis plusieurs grosses erreurs » du fait que « en justifiant l’augmentation des taxes par la seule protection de l’environnement, bien que la majeure partie des recettes serve un objectif différent. »

« Sa politique n’a jusqu’à présent apporté aucune amélioration notable »

Pour ce même quotidien, la mobilisation des « gilets jaunes » est « différente du folklore protestataire habituel ». Pour Die Welt, « Cette fois, il ne s’agit pas de défendre des privilèges ou des acquis sociaux » et perçoit dans ce mouvement le symptôme d’une rupture » entre « la classe dirigeante » et des citoyens dont elle est « toujours plus éloignée ».

Pour le quotidien de tendance libérale, Süddeutsche Zeitung, qui fait état d’une « rébellion d’une classe moyenne qui se sent marginalisée socialement et géographiquement par les personnes les mieux rémunérées des grandes villes ».

« Pour la plupart des Français, sa politique n’a jusqu’à présent apporté aucune amélioration notable », explique le journal. « Aujourd’hui, le coût des carburants alimente la colère, et Macron recommande aux automobilistes d’acheter des voitures électriques propres ».

« Un nouvel aristocrate, éloigné des problèmes de la population commune »

La Repubblica, journal italien, considère que le mouvement résulte de « la rage d’une classe sociale sans avenir » et de « la colère de ceux qui n’ont plus rien à perdre », des « exclus ».

Si le quotidien, Corriere Della Sera, est moins sévère, admettant que l’écologie est « l’une des plus nobles batailles » d’Emmanuel Macron, il pense que la mobilisation est issue « de causes plus profondes qu’une prétendue insensibilité écologique » des Français.

« Le président Macron, étranger aux partis politiques et néophyte, a été élu en partie grâce à une révolte contre les élites. Maintenant qu’il est à l’Élysée, il est perçu comme un nouvel aristocrate, éloigné des problèmes de la population commune », poursuit le journal italien.

Il rappelle que « les catégories sociales impliquées sont les plus défavorisées sur le plan économique […] et les plus pénalisées par un système de transport en commun qui, quel que soit son degré d’efficacité et d’importance, implique toujours des millions de trajets quotidiens par la route. »

« Un mouvement périphérique dans tous les sens du terme »

En Espagne, El Mundo voit dans les gilets jaunes « la plus grande expression de rejet à laquelle Emmanuel Macron a dû faire face jusqu’à présent ».

Pour le quotidien espagnol, c’est « un mouvement périphérique dans tous les sens du terme », « géographique », « social » et « économique ».

« Quoi de plus approprié qu’un objet servant à devenir visible en cas d’urgence pour identifier les personnes qui se sentent oubliées du gouvernement ? », s’interroge El Mundo.

Toujours en Espagne, le quotidien El País relève que si le mouvement des « gilets jaunes » trouve son origine dans la hausse du prix du carburant, la « liste des réclamations est longue ».

Pour le quotidien espagnol, « la hausse des charges et la réduction de l’impôt sur la fortune en passant par l’arrogance supposée de Macron » sont toutes des raisons qui justifient la « colère contre les dirigeants du pays ».

Pour les britanniques de BBC, le mouvement montre qu’Emmanuel Macron peine à « rétablir la confiance dans la démocratie parmi ceux qui se sentaient désabusés et détachés de la politique ».

Pour le Times, le mouvement, décrit comme « tentaculaire et amorphe » et n’étant pas constitué des « manifestants habituels », est inédit.

Pour le quotidien suisse, Le Soir, la France se trouve dans un « climat d’exaspération et d’écœurement ambiant » dans lequel « la moindre étincelle peut provoquer un incendie ».

Source : 20 Minutes


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