Une information révélée par Mediapart jette le trouble sur le choix du président de la cour d’assises qui a jugé Georges Tron pour les accusations de viols dont il faisait l’objet, et pour lesquels il a été acquitté malgré les nombreux témoignages accablants la semaine dernière.

D’après le média, le président de la cour d’assises a été choisi « malgré les doutes du parquet général sur son impartialité ».

En cause : le passé du magistrat qui aurait travaillé il y a une quinzaine d’années au service d’un député UMP « qui siégeait aux côtés de Georges Tron »…

Jugé pour viols et agressions sexuelles en réunion, l’ancien secrétaire d’état aurait-il bénéficié de son passé commun avec le président de la cour d’assises pour obtenir ce verdict favorable ? La question mérite d’être posée.

La révélation de Mediapart intervient le même jour que l’annonce de la tenue d’un second procès Tron. Cinq jours après l’acquittement de l’ex-secrétaire d’Etat et actuel maire de Draveil, accusé de viols par deux ex-collaboratrices, le parquet général a annoncé mardi 20 faire appel du verdict de la cour d’assises de la Seine-Saint-Denis. Pour autant, une nouvelle information vient jeter le trouble sur le premier verdict.

En effet, le média d’investigation a révélé que le président de la cour d’assises, Philippe Coirre, a été choisi « malgré les doutes du parquet général sur son impartialité ». Après un poste de juge d’instruction, le magistrat « a obtenu une mise à disposition pour être conseiller de Pascal Clément à la présidence de la commission des lois de l’Assemblée nationale, de juillet 2002 à janvier 2004. Jacques Chirac venait d’être réélu président de la République et le député Pascal Clément venait d’adhérer à l’UMP, parti auquel appartenait aussi son collègue de l’hémicycle Georges Tron », explique Mediapart.

Et d’ajouter: « En somme, le magistrat Philippe Coirre, mis à disposition du président Clément, faisait partie d’un cabinet UMP, travaillait nécessairement en harmonie avec la politique menée, et il a pu –au minimum– croiser Georges Tron régulièrement à l’Assemblée, voire faire sa connaissance ». Contacté, l’intéressé s’en défend.

Il bénéficie d’ailleurs du soutien de la première présidence de la cour d’assises qui souligne que « Monsieur Coirre nous a assuré qu’il n’a conservé aucun souvenir d’avoir rencontré ou croisé M. Tron lorsqu’il a travaillé, à la commission des lois, il y a plus de 14 ans, comme rédacteur, mission essentiellement exercée auprès des administrateurs de l’Assemblée nationale concernés ».

Anciennes employées à la mairie de Draveil (Essonne), Virginie Ettel et Eva Loubrieu, 41 et 44 ans, accusent Georges Tron et son ex-adjointe à la Culture Brigitte Gruel de leur avoir imposé des attouchements et des pénétrations digitales entre 2007 et 2010.

Lors de leur procès, achevé jeudi après quatre semaines de débats, l’avocat général avait requis six ans de prison contre Georges Tron et quatre ans contre Brigitte Gruel, tous deux âgés de 61 ans. Il avait aussi demandé cinq ans d’inéligibilité et leur inscription sur le fichier des délinquants sexuels.

La thèse d’un « pervers narcissique » ayant « abusé de son pouvoir » pour « vampiriser ses victimes », soutenue par l’avocat général, n’a toutefois pas convaincu la cour d’assises.

« Je trouve étonnant que cette proximité et la connaissance personnelle de Georges Tron que pouvait avoir le président de la cour d’assises, n’aient pas été évoquées auprès des parties », a expliqué au média l’avocat de Virginie Faux, une des plaignantes.

Appel du parquet

Les hauts magistrats s’étaient en tout cas longuement interrogés sur la pertinence de celui qui devait présider le procès du maire de Draveil dans l’Essonne, révèle le média.

Le parquet a d’ailleurs fait appel ce mardi 20 novembre du verdict final à l’encontre de Georges Tron, comme celui qui a blanchi sa collaboratrice, Brigitte Gruel, également acquittée.

 

Via:https://www.ladepeche.fr/article/2018/11/21/2910758-affaire-georges-tron-troublant-passe-president-cour-assises.html et http://www.francesoir.fr/societe-faits-divers/acquittement-de-georges-tron-le-passe-troublant-du-president-de-la-cour-assises


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