Conséquence concrète de la réforme de la SNCF, la fermeture des points de vente dans les gares, en campagne comme dans les villes, nourrit la grogne des usagers, invités par la SNCF à se tourner vers les distributeurs automatiques et les achats en ligne.

Reportage

Les fermetures de guichets dans les gares se multiplient, partout en France. Il s’agit de l’une des premières conséquences concrètes de la réforme ferroviaire, et elle touche aussi bien les grandes gares que les petites.

De moins en moins d’agents, de plus en plus d’attente. À la gare de Lyon à Paris, l’une des trois gares les plus fréquentées de France, seize guichets ont fermé depuis le 1er septembre. Il n’en reste plus que 22, quand il y en avait trois fois plus il y a cinq ans. En conséquence, les files d’attente se multiplient dans le dernier espace de ventes. « On a vu qu’il y avait une queue assez importante au guichet.

Comme on veut changer de train, et que l’on ne sait pas exactement à quelle heure on va repartir, on s’est tourné vers la machine », explique un usager. « Il est dommage qu’il n’y ait plus de contact humain », déplore-t-il.

« On est là pour cacher la misère ». Cette situation est également mal vécue par le personnel de la SNCF. Derrière un guichet depuis plus de 20 ans à la gare de Lyon, Johanna constate au quotidien le mécontentement des usagers.

« On ne fait plus de mission de service public. On est là pour cacher la misère », déplore-t-elle. « On bosse tellement à flux tendu, et il y a tellement d’attente, que l’on est obligé de fermer les guichets qui s’occupent de la préparation au voyage pour faire du départ immédiat. On refoule les gens, qui ne comprennent pas. »

35 kilomètres pour acheter un billet. Des guichets en moins, mais aussi des fermetures pures et simples de gares. En campagne, les édifices vides où il n’y a plus qu’une borne automatique pour acheter un billet sont de plus en plus nombreux. Pas une région n’y échappe.

« Quand ils ont fermé le guichet de la gare d’Avranches, ils avaient mis une pancarte : ils conseillaient aux gens d’aller à Granville, qui se situe à 35 kilomètres, pour acheter des billets », relève Philippe Denolle, président d’un collectif d’usagers de plusieurs lignes du sud de la Normandie.

« À Pontorson-Mont-Saint-Michel, la personne qui était au guichet parlait plusieurs langues. Elle rendait énormément de services aux touristes », poursuit-il. « On voit aujourd’hui de nombreux commerçants qui commencent à se révolter par rapport à cette situation, parce que c’est un élément important pour le développement de l’économie et du tourisme ».

D’ici un an, les billets de TER uniquement vendus en ligne. Du côté de la SNCF, l’objectif est affiché : il n’y aura plus un seul agent derrière un guichet TER en 2020, puisque désormais la majorité des ventes de billets se fait en ligne. Ces guichets seront notamment remplacés par des camions itinérants, un dispositif actuellement testé dans les Pays de la Loire.

 

Source : Europe 1


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