Lorsque le BIO mensonger débarque!

À l’heure où l’appellation « BIO » est utilisée à tout-va, nous avons récemment été interpellé par le coup de gueule largement justifié de Natacha Polony, dans le cadre du Grand Oral des Grandes Gueules, sur RMC-BFMTV.

« Nous sommes dans un pays où on impose des normes à nos propres entreprises mais pas aux autres. Je vais vous donner un exemple de norme idiote ! », a lancé la chroniqueuse. « Quand vous achetez une banane française de Guadeloupe ou de Martinique, elle a interdiction d’utiliser certains pesticides car ils sont dangereux pour la santé. Quand vous achetez une banane qui vient d’Equateur ou de République dominicaine, avec un label BIO, alors ces bananes ont été cultivées avec 14 pesticides interdits sur les bananes conventionnelles françaises et européennes ! »

 


Le plus surréaliste dans l’histoire, c’est qu’au nom de ce que l’on appelle au niveau de l’Union européenne, le « principe d’équivalence », la journaliste précise que « si la République dominicaine ou l’Equateur ont décidé que c’est du BIO, alors on accepte et on fait rentrer les produits ! Le souci c’est de décider qu’on ne contrôle pas certains produits qui rentrent. C’est une tromperie du consommateur. »

Au vu de l’analyse pertinente de Natacha Polony, on peut légitimement se demander ce qui sera BIO et ce qui ne le sera pas. Désirez-vous des bananes faussement labélisées BIO ou un Elixir de grenade, un jus de grenade fermenté du Dr Jacob’s®, qui présente des résidus en pesticides inférieurs à 0,01 mg/kg ? Soit des taux nettement moins élevés comparé aux normes européennes, comme le montrent les dernières analyses en date (Öko-Control Baumholder).

Ce que met en avant Natacha Polony, c’est un projet de modification du règlement européen sur l’agriculture biologique, lancé depuis 2014 par la commission européenne. Un projet qui prévoit de ne plus déclasser du label BIO certaines productions contaminées par des pesticides. Chaque Etat pourra décider de ce seuil. Certains produits contenant des pesticides pourront être commercialisés en affichant le label BIO, en vertu du principe de libre circulation des marchandises en Europe.

Le projet de modification prévoit également un assouplissement des contrôles au niveau des exploitations BIO, portant sur le respect du cahier des charges nécessaire pour décrocher le label BIO. Aujourd’hui, ces contrôles ont lieu deux fois par an : une fois de manière inopinée et une seconde fois sur base d’un rendez-vous. Avec la nouvelle règlementation, ces contrôles auront lieu une fois tous les deux ans.

Tout ceci laissera la porte ouverte au flou artistique le plus total, voire aux dérives, en matière de label BIO.

Source : Medicatrix


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