Des corps qui ne finissent plus en poussière et ne retournent pas à la terre nourricière ?! Ou plus exactement qui se décomposent beaucoup plus lentement. La faute aux conservateurs, et spécifiquement à ceux présents dans notre alimentation ? Bigre ! Alors que notre ligne éditoriale est de vous faire découvrir qu’on peut « vivre mieux », faisons ici une exception pour vous montrer qu’on peut aussi mourir mieux…

Les corps restent trop bien conservés

De nombreux cimetières ont ainsi annoncé qu’ils ne pouvaient plus accepter de nouvelles inhumations. C’était à Cologne, à Munich, à Kiel, et dans d’autres villes allemandes. Le problème se présentait également dans plusieurs villes d’Autriche et de Suisse.

La raison ? Les cimetières étaient déjà remplis de corps non totalement décomposés !

Il faut savoir que le principe des cimetières est assez simple : on rouvre d’anciennes sépultures pour y placer de nouveaux cercueils, les bières précédentes ayant tendance à s’enfoncer avec leur contenu désagrégés. Les corps suivent.

Pendant des siècles, les fossoyeurs procédaient donc ainsi, jusqu’à s’apercevoir que pour les corps les plus récents, la décomposition ne se faisait plus aussi bien. Comprenez par là que la décomposition se faisait bien, mais beaucoup plus lentement. Les corps se décomposaient en fait en huit à dix ans alors que le processus de décomposition est à présent beaucoup plus long. Entendez par là vraiment beaucoup plus longtemps : un tiers des corps enterrés il y a quarante ans en Allemagne ne seraient pas encore totalement décomposés.

Même les zombies vont finir par être plus présentables !

Les fossoyeurs ont pu constater dès 2003 que certains corps enterrés il y a trente ans présentaient le même aspect qu’un corps enterré deux semaines plus tôt. Comme si on les avait plongés dans des produits conservateurs. N’y voyez pas forcément un hasard.

Une décomposition freinée par des causes multiples

Des études et des conférences ont suivi pour tenter de déterminer la cause de ce problème et trouver une solution concrète. Entrepreneurs de pompes funèbres, administrateurs de cimetières et scientifiques ont lancé des réunions en Allemagne dans ce but.

Les hypothèses étaient multiples : pour certains, les gens consomment tellement de conservateurs, à travers l’alimentation mais également à travers les cosmétiques, que les corps se décomposent moins bien. Cette hypothèse a été invalidée depuis.

D’autres hypothèses ont été soulevées pour expliquer la décomposition lente des corps !

Même si on aime cette hypothèse des conservateurs qui pousse à les supprimer, il ne sont pas responsables d’un problème de décomposition des corps. Les conservateurs préservent bien les aliments mais pas les corps de ceux qui les ingèrent. Les perturbations auraient de toute façon lieu bien avant la mort s’ils avaient une action aussi importante…

Pour d’autres scientifiques, le problème viendrait de la pollution et des pesticides, qui éliminent des bactéries nécessaires au processus de décomposition, présentes naturellement dans les sols. Là encore, cette hypothèse est considérée comme peu crédible, même si pas totalement écartée. Des études ont par contre montré que les causes de non-décomposition sont beaucoup plus simples que cela.

Un sol moins humide, ou trop humide

Des études avaient déjà montré précédemment qu’une des bactéries les plus utiles au processus de décomposition avait besoin d’humidité. La bactérie est effectivement moins présente dans les sols, mais d’autres scientifiques pensent au contraire qu’elle disparaît à cause d’un arrosage des fleurs trop important.

L’humidité a une influence directe sur la décomposition du corps, et cette hypothèse-ci est elle parfaitement validée par les médecins légistes : le corps a tendance à se momifier dans un environnement trop sec. En effet, cette condition tue les bactéries endogènes. A l’inverse, un environnement trop humide va faire se figer les graisses – on parle de transformation adipocireuse. Le corps ressemble alors un peu à de la cire.

Dans les deux cas, les corps peuvent rester en bon état pendant des années, voire des siècles dans des cas extrêmes.

Une concentration élevée en azote et en métaux lourds ?

Un autre type de contamination affecterait les sols : la concentration en azote, naturellement libéré par les cadavres, a augmenté. La concentration en métaux lourds également, y compris à cause des prothèses dentaires alors que des dentiers écolos existent.

Cette contamination pourrait également freiner la décomposition, mais pas l’expliquer complètement car elle ne tue pas toutes les bactéries endogènes présentes et surtout pas dans le cercueil, protégé.

Pallier la décomposition naturelle plus lente

Quelles que soient les causes freinant la décomposition, il faut en tout cas trouver des solutions pratiques.

Faire circuler l’air

Dans le sol, par exemple avec de nouveaux caveaux : des cercueils entreposés dans un sarcophage de béton pour faire diminuer le temps de décomposition à douze ans avant que le caveau ne soit réutilisé.

Cette idée ne plaît forcément pas à tous, impliquant le partage d’un caveau pas plusieurs générations.

Employer des cercueils en pin

…qui se décomposent plus rapidement que les bières en chêne. Certains cimetières allemands envisagent même d’inhumer des corps dans des sacs de toile. Certains cimetières « bio », en pleine nature, voient le jour dans certains Länder allemands.

Creuser des tombes plus profondes

Une solution adoptée dans plusieurs cimetières allemands et autrichiens.

Accélérer le processus chimique

Une solution proposée par une entreprise norvégienne qui propose d’injecter des produits chimiques pour accélérer la décomposition. Et rendre les sols encore plus pollués ?…

Augmenter les incinérations

Cette solution ne plaît pas non plus à tous.

Revoir la thanatopraxie

Des études, notamment en Amérique du Nord, ont montré qu’elle serait en effet en partie responsable du problème de décomposition. Les produits utilisés pour embaumer les corps comportent des composants toxiques (formaldéhyde, paraformaldéhyde, fongicides, bactéricides, virucides, biocides, …) dont certains pourraient directement ralentir la décomposition du corps.

Qu’est ce que la thanatopraxie ?

Il s’agit, selon le Larousse, de la « méthode permettant de retarder le plus longtemps possible la décomposition des cadavres par des techniques d’embaumement« .

Les produits utilisés pour l’embaumement ou la thanatopraxie, visant à rendre présentables les corps avant la mise en bière (donc à le conserver, même si cette conservation est supposée être limitée dans le temps), posent un problème environnemental, y compris en cas d’incinération puisque les installations pouvant filtrer les toxiques – comme le plomb ou le mercure – sont rares.

 

Source : https://www.consoglobe.com/corps-ne-se-decomposent-plus-cimetieres-cg


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